La beauté physique féminine, un privilège ou un obstacle ?

 
 
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Le fait d’être physiquement attrayante est souvent tenu pour acquis comme étant un privilège de taille dans notre société. En effet, à compétences égales (et parfois même, à compétences inégales), les jolies femmes ont davantage de chances de se trouver un emploi et de gagner un meilleur salaire. Elles ont davantage de succès pour séduire, donc davantage l’embarras du choix en termes de partenaires romantiques potentiels, et peuvent jouir d’un statut social plus élevé.

Dans un monde où la beauté physique est un trait survalorisé pour avoir du succès en tant que femme, est-il donc possible de reconsidérer à quel point la beauté peut être, ou ne pas être, un privilège ?

 
 
 
La confiance en soi s’appuie sur la connaissance réelle et l’acceptation de ce que l’on est vraiment.
— Dalaï Lama
 
 
 

Voici, pour débuter, une citation du Dalaï Lama qui illustre bien l’idée qu’en vérité, la beauté physique est rarement exploitée comme un privilège : « Être orgueilleux et avoir confiance en soi sont deux choses très différentes. La confiance en soi s’appuie sur la connaissance réelle et l’acceptation de ce que l’on est vraiment. L’orgueil repose sur une surestimation de soi qui annihile toute faculté de jugement. »

Et c’est justement cette pente glissante que crée la beauté physique puisque, dans un premier temps, l’apparence ne s’appuie pas sur ce que l’on est, mais bien sur ce dont on a l’air. Lorsqu’on perçoit dans le regard des autres qu’on est jolie, et qu’on vit dans une société comme la nôtre, misant énormément sur l’apparence, il est facile d’oublier que la beauté n’est pas une finalité, ni une aptitude. Elle a donc le potentiel d’être un catalyseur de souffrances chez celles qui oublient, parce qu’elles sont belles, de travailler à sans cesse être de meilleures versions d’elles-mêmes.

 
 
 
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En effet, bien souvent, lorsqu’on naît belle, on oublie que la nature a seulement été généreuse avec nous et qu’on n’a pas travaillé pour avoir un physique agréable ! Celle-ci ne devrait donc jamais être considérée comme un succès en soi, mais davantage comme un défi de se prémunir de l’orgueil qui est sans cesse suscité lorsqu’on est belle.

À l’inverse, la beauté physique peut devenir un privilège à partir du moment où on réalise à quel point celle-ci est impermanente. Oui, avoir une belle apparence peut procurer des avantages, mais ceux-ci restent futiles s’ils ne sont pas sous-tendus par une volonté de faire le bien autour de soi. Alors gardons en tête que la beauté physique peut être une source d’inspiration lorsqu’elle vient avec l’effort constant qu’une personne peut mettre pour avoir une incidence positive dans sa communauté.

 
 
 

En définitive, la beauté physique dépourvue d’intentions altruistes et d’humilité, est inutile au même titre que l’est l’intelligence sans la sagesse.

N’oublions jamais qu’à la fin d’une vie, l’enveloppe corporelle se perd, et que seule la pureté du cœur cultivée par choix tout au long de celle-ci, peut continuer de porter fruit chez ceux qu’on a côtoyés.

 
 

Éliane Dussault

Éliane est candidate au doctorat en sexologie. Elle étudie notamment le rôle de la présence attentive en lien avec la sexualité de populations adultes. Elle a à cœur le mieux-être et la santé des individus dans toutes les sphères de leurs vies et c’est d’ailleurs cette même vocation qui l’a poussée à écrire sur le sujet des cosmétiques biologiques. Éliane écrit également sur le blogue d’Evive smoothie, une compagnie locale qui a pour mission de donner le pouvoir aux gens de mieux s’alimenter.

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