La présence attentive pour une meilleure gestion du stress ?

On en entend souvent parler dans les médias, les écoles, les centres de yoga, et j’en passe : la présence attentive, aussi appelée pleine conscience ou mindfulness, a la cote dans les dernières années. Consistant à porter attention sur un objet de concentration (la respiration, les sensations corporelles, etc.) dans le moment présent et sans jugement, sa popularité a crû de façon exponentielle dans les dernières années. On la vend parfois comme solution rapide pour toutes sortes d’affections physiques ou psychologiques. Or, que disent les recherches les plus récentes quant à la pratique de la présence attentive pour mieux gérer son stress ?
  • Dit comme cela, la pratique de la présence attentive peut sembler une solution magique à tous nos problèmes ! Cependant, pratiquer la présence attentive est parfois difficile. Si on s’y met dans l’idée de « performer », ou d’« atteindre des objectifs », il est possible qu’elle devienne une pratique plus stressante que relaxante. En effet, quand on s’exerce, il est normal d’avoir des pensées ou des sentiments qui nous distraient de notre objet de concentration. Il faut donc délaisser l’idée que pratiquer la présence attentive 1) sera facile, 2) doit ressembler à l’image qu’on s’en fait – souvent une expérience de béatitude sans aucune distraction et 3) permettra d’atteindre des objectifs simplistes (améliorer sa productivité au travail, par exemple). D’abord et avant tout, la pratique de la présence attentive est une hygiène de vie, un processus holistique. C’est donc davantage sur ce processus qu’on doit porter attention, en appréciant les moments qu’on s’offre à pratiquer pour soi-même, plutôt qu’en gardant en tête un bénéfice qu’on souhaite en retirer.
  • Certaines personnes, à certains moments de leur vie, voire toute leur vie, ne ressentent pas d’effets positifs liés à la pratique de présence attentive. Il se peut que cette stratégie ne fonctionne pas, et cela ne fait pas qu’une personne en soit fautive ou inférieure. Tel que dit précédemment, la présence attentive consiste aussi à s’exercer à ne pas juger ce qu’on observe, et cela inclut soi-même. Si on se sent coupable ou honteux de ne pas retirer de bénéfices à pratiquer la présence attentive, ou de ne pas aimer la pratiquer, on s’éloigne de la nature même de cette pratique. 
  • Diverses expériences de vie peuvent rendre plus difficile la pratique de la présence attentive, ce qui peut compromettre son potentiel à réduire le stress. Parfois, certaines personnes trouvent cela anxiogène de se concentrer sur leur respiration, ou sur les sensations observées dans certaines régions du corps. Si cela est le cas, il est peut-être possible de choisir un objet de concentration sécuritaire ; cela peut même être ce qu’on observe avec nos sens (écouter les bruits ambiants, regarder l’environnement autour de soi, etc.). 
En cas de question ou de préoccupation à l’égard de sa pratique de présence attentive, il est toujours recommandé de se fier à des spécialistes qui ont un regard informé et critique sur le phénomène. 
 

Auteur : Éliane Dussault 

Photo : Ariane Vermeersch 

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